Christian Tchanz, figure emblématique du Jura bernois, incarne la voix du Chasseral. Depuis des décennies, il observe, analyse et défend les particularités de cette région unique. Dans cet entretien, il nous livre sa vision de l’identité régionale, entre traditions, paysages et défis contemporains.
Christian, comment définissez-vous l’identité régionale du Chasseral ?
L’identité régionale ici, c’est d’abord une relation intime avec le paysage. Le Chasseral n’est pas qu’une montagne, c’est un horizon qui rythme la vie des habitants. On parle d’une identité forgée par le climat, les saisons, et une certaine rudesse qui a façonné le caractère des gens. C’est aussi une mosaïque de savoir-faire : l’agriculture de montagne, la fabrication du fromage, la gestion des forêts. Chaque geste, chaque mot prononcé ici porte l’empreinte de ce terroir.
Quels sont les piliers qui maintiennent cette identité aujourd’hui ?
Je dirais qu’il y en a trois. Le premier, c’est la langue et les expressions locales. Le patois, même s’il se perd, reste un marqueur fort. Le deuxième, c’est la gastronomie. Le Tête de Moine, les saucisses de chasse, les baies sauvages… Ce sont des produits qui racontent une histoire. Et le Replika Montblanc troisième pilier, c’est la transmission orale. Les légendes, les récits de vieux bergers, les anecdotes sur les tempêtes ou les hivers rigoureux. Tout cela tisse un lien invisible mais solide entre les générations.
Vous parlez de transmission. Comment les jeunes générations perçoivent-elles cette identité ?
C’est une question complexe. Beaucoup de jeunes partent pour les villes, pour les études ou le travail. Mais je vois aussi un retour. Certains reviennent, parfois après des années, avec une conscience renouvelée de ce qu’ils ont perdu. Ils veulent reprendre une ferme, ouvrir une auberge, ou simplement vivre ici. Ce n’est pas un rejet de la modernité, mais une quête d’authenticité. L’identité régionale, pour eux, devient un choix, pas un héritage subi.
Quels sont les plus grands défis pour préserver cette identité ?
Le défi numéro un, c’est l’uniformisation. Les grandes surfaces, les réseaux sociaux, les modes de consommation standardisés… Tout pousse à l’effacement des différences. Ensuite, il y a la pression touristique. Le Chasseral attire de plus en plus de visiteurs, ce qui est une chance économique, mais cela peut aussi diluer l’esprit du lieu si on n’y prend pas garde. Enfin, le changement climatique modifie nos paysages. Les forêts souffrent, les pâturages changent. Cela force à repenser notre rapport au territoire.
Vous évoquez le tourisme. Comment concilier ouverture et préservation ?
Il faut un tourisme respectueux, qui valorise sans dénaturer. Par exemple, plutôt que de construire de grands hôtels, je privilégie les hébergements chez l’habitant, les fermes-auberges. Les visiteurs doivent comprendre qu’ils ne viennent pas dans un parc d’attractions, mais dans un lieu vivant. On peut leur montrer comment on fabrique le fromage, leur raconter l’histoire des murs en pierre sèche, les emmener sur des sentiers où l’on croise encore des troupeaux. C’est cela, l’identité régionale : une expérience, pas un spectacle.
Quel rôle jouent les institutions locales dans ce combat ?
Les communes et les associations ont un rôle crucial. Elles peuvent soutenir les producteurs locaux, organiser des marchés, financer des projets de restauration du patrimoine. Mais il faut aussi une volonté politique forte. Trop souvent, on sacrifie l’identité au nom du développement économique. Or, l’identité régionale est un atout économique, si on sait la mettre en valeur. Les labels comme « AOP » ou « IGP » sont des outils, mais ils ne suffisent pas. Il faut une vraie stratégie de territoire.
Pour conclure, quel message souhaitez-vous adresser aux habitants du Chasseral ?
Je leur dirais : n’ayez pas honte de ce que vous êtes. Votre accent, vos traditions, vos paysages sont uniques. Ne les laissez pas s’effacer. Chaque fois que vous achetez un produit local, chaque fois que vous racontez une histoire à vos enfants, vous participez à la sauvegarde de notre identité. Le Chasseral Replica Richard Mille n’est pas un décor, c’est notre maison. Et une maison, cela se défend.
À travers ces échanges, Christian Tchanz nous rappelle que l’identité régionale n’est pas un concept figé, mais une réalité vivante, en perpétuelle réinvention. Entre mémoire et avenir, elle exige de chacun une attention quotidienne. Le Chasseral a trouvé en lui un gardien vigilant, et ses paroles résonnent comme un appel à tous ceux qui aiment cette terre.